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Centre
de
photographie
contemporaine

© A.Claass
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Du flou.


(extrait de « Nuit Optimale »,
Textes et photographies d'Arnaud Claass)


La production du flou est un geste par lequel l’objet
perd la violence séparatrice de ses contours
gagne en matière imageante
perd en réalité
gagne en volume
perd en densité
gagne en transparence
perd de la proximité dans le temps
gagne de la proximité dans l’espace
se dévoile en se voilant

L’objet porté au flou, comme on dit « porté au rouge ».

L’image « floue » par mise hors-foyer a la nostalgie du « net ». Elle prend plaisir à ce qui pourrait être net et jouit du pouvoir de renoncer à ce pouvoir.

Le flou également comme ce qui devrait être net (morale du foyer)

Frontière entre le mauvais goût du « flou artistique » et la puissance équivoque du flou auto-désigné comme une sorte de psychotrope (en cinéma, La M ère de Sokourov).

Dégagé des référents sentimentaux, le flou intentionnel s’annonce à l’œil et à l’intelligence comme une sorte de manifeste. Pourtant l’image donne à entendre quelque-chose d’originel, une rumeur du monde, comme une lumière fossile. L’image hors-foyer n’est pas plus musicale que l’image nette, comme le voudrait une assimilation commode, mais simplement plus sonore.