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Centre
de
photographie
contemporaine

©Stéphane Diremszian
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Stéphane Diremszian


Exposition dans le cadre de Lyon Septembre de la Photographie 2006 "Des corps dans la ville" et 2008 "Identités"


Le site CORPS ERODES


"Mon travail photographique a toujours eu pour point de départ le corps et la pierre, deux éléments récurrents dans mes images depuis maintenant plusieurs années. Deux sujets totalement différents au premier abord, mais que j’ai eu envie de relier par un nouvel élément qui me paraît commun aux deux : la mémoire. Le corps a une mémoire, à court terme : il marque la mémoire d’une vie vécue. Au point d’origine, le corps est le même pour tous, cependant chacun de nous est constitué d’une somme de détails, ceux-la même (la couleur des yeux, des cheveux, de la peau…) qui créent l’unicité. Personnellement, je ne conçois l’unicité que par l’intériorité propre aux corps. Chacun de nos corps est indissociable d’une conscience, d’une vie intérieure qui crée une certaine unicité à l’échelle de la vie humaine ; nos esprits ont suivi une certaine orientation, dans leur évolution et leur soif d’apprendre, par différentes expériences. Une certaine unicité de l’esprit se forme ainsi par une interprétation différente de ces expériences vécues.
Mais le corps s’érode, vieillit, accuse l’assaut du temps. La pierre, elle, traverse le temps et les âges. Elle ne dure pas que le temps d’une vie, mais perdure, voit passer des multitudes de vies, comme une sorte de regard témoin, le support d’une mémoire collective. L’homme par le biais de la religion, de la politique, de l’art…cherche à s’inscrire dans la pierre, à perdurer comme elle (les tables de la loi, les pierres tombales, la statuaire antique, les bas-reliefs, …), il cherche toujours à rester présent, comme attaché à un lieu, à une époque, et à laisser la trace de ce présent.


Passé ou futur ? Une image photographique se range du coté des images exactes, mais de ce point de départ j’aimerais parvenir à des débordements sur des images intérieures, retrouver à l’extérieure une sorte de reflet de ce qui est à l’intérieur de moi, de nous. Je souhaite créer des images impermanentes : apparaissent-elles ?, disparaissent-elles ?, à chacun de le définir ; des représentations du corps qui arrêtent le regard et permettent une observation, sans s’y attacher, de formes qui apparaissent (ou disparaissent…) et dont le spectateur est pleinement conscient. Quelles que soient les formes qui apparaissent, le spectateur doit les considérer extérieurement par l’œil et intérieurement par la pensée.


Je cherche à mettre en image la part invisible de l’être en illustrant l’effet des sentiments et des émotions sur et par le corps humain. Mes images parlent du rapport que nous entretenons avec d’une part, ce qu’il y a de plus personnel et privé, le corps, et, d’autre part, ce qui nous dépasse par la grandeur, la nature. De part leur charge métaphorique mes photographies agissent comme des débordements sur le monde de l’inconscient."


Stéphane Diremszian