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Centre
de
photographie
contemporaine

© Sébastien Camboulive
© Sébastien Camboulive


Sébastien Camboulive


Exposition "La limite pluie-Neige" dans le cadre de Lyon septembre de la photographie 2006 "Des corps dans la ville"



La limite pluie-neige

Pour Sébastien Camboulive, la volonté de photographier les foules est née involontairement d’une difficulté personnelle à vivre physiquement celles-ci. C’est probablement sa façon de vaincre une forme d’agoraphobie.
En faisant ces images et en y manipulant certains aspects, il a trouvé le moyen de s’approprier ces masses, de les contrôler et de se les rendre plus acceptables, plus sympathiques.

En observant les photographies que Camboulive a réalisées à Bruxelles(1), on remarque que les sujets sont condensés au centre de l’image pour renforcer l’effet centripède, le compactage à l’intérieur de ces groupes; cela limite encore plus l’aire de jeu de ces gens et rend plus précis leurs déplacements, leurs interactions. Le photographe observe intensément les trajectoires des personnes dans la rue. En marchant, les piétons anticipent les déplacements des passants qu’ils croisent, ils visualisent leur environnement et régulent leur trajectoire en fonction de celle des autres.

L’aspect chorégraphique dans l’œuvre de Sébastien Camboulive est un élément important: il tente de trouver une organisation, un mouvement commun, comme si tout avait été prévu par un chorégraphe, comme si ce n’étaient pas des hasards, comme si les personnages A et B étaient de connivence pour faire telle ronde, telmouvement du corps ou pour s’éviter. L'auteur est intéressé par la danse contemporaine et cela a certainement influencé en partie ces mises en place de personnages, ces choix de postures, de positions et la forme finale de ces photographies. L’idée de spectacle, de scène, de décor, de théâtre est très fortement ancrée dans ses images. Quand il photographie les gens, ils deviennent rapidement des figurants ou des interprètes; il les voit très clairement en représentation.

En résumé, les deux choses les plus importantes dans ces travaux sont les croisements de personnages et les décors, qu’on peut peut-être considérer comme documentaires. Ces deux éléments réunis, l’essentiel réside dans le déplacement, le décor est présent en second lieu, sans faire diversion.

À Bruxelles, Sébastien Camboulive a travaillé sur des décors modernes, des façades récentes, sur des espaces urbains un peu froids tout en recherchant des lumières très douces, sans ombres ni soleil: la limite pluie-neige…

D’après d’une interview de Sébastien Camboulive par Jean-Louis Godefroid, juin 2006.