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Centre
de
photographie
contemporaine



"Mémoire"




Sammy Baloji




Exposition 28 mai 2010 au 3 juillet 2010

Vernissage jeudi 28 mai 2010 à partir de 18h30



LL’année 2010 sera marquée par le cinquantième anniversaire de l’accession à l’indépendance d’une vingtaine de pays du continent africain, dont la République Démocratique du Congo. Cette année également, le Cosi fêtera les vingt ans de son existence dans un contexte de profond renouvellement et de rapprochement avec Forum Réfugiés.
Créé en 1990 à Lyon, le Cosi – promouvoir et défendre les droits – est une association sans but lucratif, apolitique et non confessionnelle qui s’est donné pour buts de créer un centre de documentation africaine, professionnel, ouvert au public et
de promouvoir les Droits de l’Homme et l’Etat de droit en France et en République Démocratique du Congo. Durant ces deux décennies, le Cosi a également contribué à faire connaître des artistes africains.
Aujourd’hui, pour célébrer ce double anniversaire, le Cosi présente le travail photographique d’un artiste qui interroge l’histoire de son pays, la République Démocratique du Congo.

Né en 1978, Sammy Baloji vit et travaille à Lubumbashi, la capitale de la province minière du Katanga, tout au Sud du pays, au contact de l’Afrique australe et anglophone. À travers la série photographique Mémoire (2006), Sammy Baloji propose une réflexion sur l’histoire en mettant en perspective les vestiges de la colonisation et la situation actuelle de sa ville, de sa région et de son pays. Il procède en incrustant des images issues d’archives coloniales dans de vastes panoramas contemporains présentant des paysages industriels en déshérence.
Le présent et le passé se rejoignent autour de l’élément fondateur du Katanga moderne : l’exploitation minière par l’Union Minière du Haut Katanga. Fondée par le colonisateur belge, devenue Gécamines après l’indépendance, l’entreprise est aujourd’hui à bout de souffle, comme le montrent ces usines étrangement vides de tout travailleur. L’UMHK a entrepris, à travers un fonds photographique considérable, de mettre en scène le projet colonial de modernisation et sa mission « civilisatrice », parfois au prix d’images violentes, comme la série de portraits collectifs au caractère anthropométrique.
Sammy Baloji interroge cette convergence marquée par la désindustrialisation et la disparition de ce travail qui avait fait la fierté des habitants de Lubumbashi : « Bien qu’elles appartiennent à des périodes différentes, [ces images] parlent de la même réalité. La destruction.? Les conditions d’enrôlement ne sont pas autant différentes des conditions dans lesquelles se retrouvent aujourd’hui les usines qui ont vu ces ouvriers croupirent sous le joug du colon.? Superposer le passé au présent relève plus de la volonté de dénoncer les abus qui existaient et existent encore.? Je ne pense pas avoir réinventé un style, mais plutôt, je pense avoir cherché à m’exprimer. »
En 2010, Lubumbashi fête également ses cent ans d’existence. A cette occasion Sammy Baloji à la tête de l’association Picha organise la seconde biennale de l’image. Des artistes en provenance des quatre coins du continent africain viendront à nouveau interroger le passé et surtout le présent en déployant leurs photographies dans les lieux emblématiques de la ville.

L’exposition à la Galerie Le Bleu du Ciel présente huit photos panoramiques et une vidéo.

L’exposition a été réalisée en collaboration avec la Galerie le Bleu du Ciel et avec le soutien du Musée des Confluences, dans le cadre de l’événement ‘passage’.

Gilles Verneret
Directeur