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Centre
de
photographie
contemporaine

© Pierre Faure
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Pierre Faure


Exposition au Musée d'Art Contemporain dans le cadre de Lyon septembre de la photographie 2006 "La région humaine"



Pierre Faure est né en 1965 à Soissons. Diplômé de l’Ecole Nationale de la Photographie d'Arles Dans son travail photographique, il cherche à figurer des relations, des liens, des individus pris dans la trame de l’espace public, comme autant de fictions. Il s’intéresse plus particulièrement aujourd’hui au montage. Ce travail a été réalisé au Japon dans le cadre d’une résidence à la villa Kujoyama.



"La réalité des liens entre les corps et le monde, l'espace qui les entoure, constitue le sens premier, la trame générale de mon travail photographique. Pour moi, il n'y a pas de regard ou d'analyse, au sens où chaque image doit autant que possible détenir, être à elle-même sa propre analyse, qui puisse faire abstraction des individus et des espaces où ils transitent. Alors l'espace joue un rôle, pour lui-même, acquiert une certaine autonomie, il est souvent aussi important que les personnages.

Un carrefour, le hall d'une banque, l'entrée d'un cinéma ou d'un centre commercial, un kiosque à boissons dans une gare, un passage à côté d'une voie ferrée, une décharge, un immeuble d'habitation ou de bureaux planté sur la dalle d'un quartier d'affaires, un bureau de change, une voie rapide... Cette réalité des non-lieux n'appelle pas un jugement ni une critique à courte vue, elle fait partie de la condition actuelle, physique et mentale de notre vie aujourd'hui.

Je ne me limite pas à un site ou à un territoire particulier ou socialement déterminé (pour deux ou trois images, oui, mais pas pour toute une série ; je crois que l'unité doit venir d'ailleurs). La ville ne peut plus être considérée comme un espace délimité, et de la même façon qu'il n'existe pas une langue mais des états de langue, les villes n'existent qu'en tant que situations urbaines ; nous vivons ou transitons sans cesse sur des séries de scènes distinctes les unes des autres. J'ai toujours plus ou moins l'idée ou la sensation que le monde est un collage. Mais il faut d'abord que des corps, des acteurs (souvent une femme et un homme) viennent peupler le paysage. J'observe comment ils vont s'y inscrire, le faire jouer ou être joués par lui, y jouer leur jeu.

L'image vient des rapports qui peuvent s'établir entre ces différents éléments. Et ces rapports sont problématiques : la relation à «notre» environnement et aux autres est contingente, elle se redéfinit constamment. Elle est constitutive d'un monde (et pas seulement des faits se déroulant dans le monde). Je crois bien que la difficulté est là, c'est à dire d'arriver, non à photographier un homme ou une femme, mais à photographier un monde. J'ai besoin de cette largeur, sinon je ne pourrais simplement pas continuer. Je pense à cette phrase de Sherwood Anderson : l'homme debout au coin du drugstore : arriver à voir, à penser cela."

Pierre Faure