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Centre
de
photographie
contemporaine

© L.Volkmann
© L.Volkmann


Louis Volkmann


exposition "Images en résidence" au bleu du ciel en 2012




Résidence métal, rectangles et ovale.

Louis Volkmann, jeune photographe venu de Leipzig n’échappe pas à la rigueur propre de cette école. Ses images composées dans l’esprit de la chambre photographique possèdent cette simplicité de cadrage empruntée à la frontalité descriptive, porteuse de ce fameux punctum central de l’image, où convergent vecteurs visuels et unité globalisante des signes.

Quatre images de sa série mettent en scène l’élément métal, propre à l’industrie et aux constructions utilitaires de l’homme, rejoignant à la fois le travail des autres photographes et l’esprit de la résidence dans ce lieu dit : Moly sabata.

Panneau indicateur d’acier qui tourne le dos à un bloc central électrique, tous deux inscrits dans le carré, mais cernés par l’ovale harmonieux et blanc du rond point, qui marquent cette confrontation des formes géométriques.

Cabine téléphonique oubliée ou hors d’usage signifiée par la présence d’une poubelle bleue, qui obstrue l’horizon bouché de la forêt disparate et abordé toujours par la frontalité. Frontalité contrariée par le cube de la cabine présentée sous l’angle oblique qui créée ce malaise du déséquilibre, renforcé par un bloc de pierre mystérieux envahi de lierre qui ajoute à l’impression asymétrique de ces deux plans.

Dans une autre image, un agriculteur retraité bine son jardin ouvrier sur fond écrasant d’usine, qui semble restreindre peu à peu son champ d’action futur. Dans la dernière un cheval parqué, tâche colorée frappante se détache d’une perspective ouvrant sur un chemin de berge. Au bout duquel le pont métallique nous invite à aller vers une autre ouverture de et dans la photographie.

Reste ce tas de souches d’arbres morts empilés selon une forme concertée et consentante et cette nacelle spectre chromatique dans une vitrine qui cherche à s’élever en vain hors du reflet et nous permet de survoler l’ensemble du travail qui curieusement rappelle, sans la lumière, la patte cubiste de Cézanne qui mêle rectangles des maisons ovales des lignes et frémissement de la végétation.