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Centre
de
photographie
contemporaine

© Hermine Bourgadier
série "Street fighters" 
© Hermine Bourgadier
© Hermine Bourgadier
série "Street fighters" 
© Hermine Bourgadier
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série "Street fighters" 
© Hermine Bourgadier
© Hermine Bourgadier
série "Street fighters" 
© Hermine Bourgadier


Hermine Bourgadier


Exposition dans le cadre de Lyon septembre de la photographie 2006 "La région humaine / Des corps dans la ville"



Formée à l’histoire de l’art à Paris puis autodidacte dans le domaine du photoreportage (elle a traité des Réfugiés Tchétchènes en Russie ou bien encore de la vie dans la bande de Gaza), Hermine Bourgadier s’est ensuite consacrée à un travail personnel autour de la problématique du jeu. L’approche documentaire est élaborée sur un arrière plan conceptuel avec les thèmes du hasard et du social (les Turfistes, 2003), du vernaculaire et de la barbarie (Les Coqueleurs, 2003) et ici avec les Street fighters de la passion et le virtuel.



(...)"Les images d’Hermine Bourgadier sont composées, mais non posées. Rien de fictif dans ces saisies documentaires des scènes de la vie ordinaire. On y observe toutefois le déploiement de micro-histoires. Rien toutefois ne pousse le spectateur à l’identification : si chaque individu pourrait bien être nous, il s’agit pourtant de personnages que distingue la saisie de postures singulières. Ils ignorent les enseignes dont l’échelle souvent les dépasse. Et la photographe fait de cette discordance une improbable légende." (...)

Michel Poivert



À propos des Turfistes (2003), Hermine Bourgadier écrit : “Les mécanismes sociaux du désir de gagner, la mise en scène de l’animal domestique, reposent ici sur l’intérêt porté à la place du spectateur, au hors champs du spectacle représenté. C’est là que se concentrent toutes les tensions”.
Dans Les Street Fighters, cette tension des joueurs est approchée au plus près par le cadrage.
“Rien ici, d’un reportage à la sauvette. Plutôt des visages de cire, ceux de ces êtres du jeu qui ne sont donc pas des combattants de la rue, mais des virtuoses du virtuel. […]
Dans l’incertitude du sens à donner à cette expressivité des regards, s’impose plus largement le motif des têtes. Plus que les seuls visages, les Street Fighters sont des têtes au sens académique des têtes d’expression (avec leur typologie : colère, extase, frayeur, etc. ). Car ici tout se passe dans le port de tête et la tension que le regard fait subir à l’ensemble. L’éclairage en contre-plongée que produit l’écran de jeu dramatise les traits, les néons de la salle saturent et réduisent les couleurs, celles des peaux brillent de bruns et de verts, le tout est pris dans un jus visuel, un liquide cathodique qui prolongerait les vernis de la peinture classique.”

Michel Poivert, 2006