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Centre
de
photographie
contemporaine

© Guillaume Herbaut
série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut
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série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut
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série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut
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série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut
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série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut
© Guillaume Herbaut
série "Révolution orange" 
© Guillaume Herbaut


Guillaume Herbaut


Exposition "5/4 fractures" et "Révolution orange" en 2006



Né en 1970, Guillaume Herbaut vit à Paris.

Guillaume Herbaut fait partie de cette jeune génération qui, dans la lignée de Delahaye et de Greene, a compris l’importance de l’émergence d’un nouvel humanisme dans le documentaire pratiqué comme une forme de conscience photographique militante. Ses images de cinq lieux de fractures -sur sept- de la mémoire blessée du XXème siècle sont à la croisée des chemins de l’intemporalité de la condition humaine et de l’événement historique.

Guillaume Herbaut présente au Bleu du Ciel quatre séries de photographies, soit une cinquantaine de tirages argentiques couleur (40 x 50 cm) avec cadres réalisés entre 2002 et 2005 autour de cinq villes :

HIROSHIMA / NAGASAKI (Urakami et Hiroshima)
OSWIECIM (la ville d’Auschwitz : Oswiecim)
SHKODRA (Vendetta en Albanie)
TCHERNOBYL (Tchernobylsty et Slavoutich, la ville empoisonnée)

La première série présente des cités martyres où la mort est encore présente : Hiroshima et Nagasaki.
La série intitulée Oswiecim porte le nom de la ville de Pologne où l'Allemagne nazie a implanté le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz.
Shkodra est un petit village du nord de l’Albanie soumis aux pratiques de la vendetta. Nombres de familles sont décimées ou vivent dans la peur à cause d'un code d'honneur ancestral qui prône la vengeance de sang : « ce reportage est une rencontre avec des familles, des gens coupés du monde qui racontent comment ils sont entrés dans le cercle infernal de la vendetta », précise le photographe. Pas de scène de crime mais l’évocation d’une violence.
Son travail sur Tchernobyl témoigne de la souffrance actuelle de ses habitants et rappelle la persistance de zones radioactives. " Tchernobylsty ", qui a reçu le prix Kodak de la critique en 2001, montre la douleur des gens qui vivaient à côté de Tchernobyl, le 26 avril 1986, jour de l'explosion nucléaire. Slavoutich est la nouvelle ville d’Ukraine construite après la catastrophe de Tchernobyl pour reloger les habitants de Pripiat.
Chaque série est "liée par quelque chose d’indicible et pourtant de concret, toutes se déroulent dans des lieux très particuliers où tout ne sera plus jamais comme avant" explique le photographe.

Guillaume Herbaut est un photojournaliste en rupture avec la photographie humaniste en raison de son refus d’un regard complaisant sur les réalités. Ce qu’il souhaite, c’est déranger, questionner les lecteurs. Il abandonne donc la photographie noir et blanc en 24 x 36 pour la photographie couleur en 6 x 7 : « je vais photographier de manière beaucoup plus simple, faire moins de mouvement, intégrer beaucoup plus les gens dans un contexte pour qu’on comprenne où se situe l’action et comment cette personne se situe dans le paysage, et je vais m’intéresser au hors champ. Je pense que le hors champ, dans un reportage, est important parce qu’il ajoute de l’information. Parce que dans le journalisme, on caricature un peu les choses ». Pour approcher des situations dramatiques et invisibles, il met en avant d'un côté des portraits et de l'autre leur cadre de vie. Cherchant à appréhender plus finement ces univers, il s’en imprègne en amont par un travail préparatoire nourri de lectures, de films et de musiques puis reste des jours sur place à discuter avec les habitants. Peu de place laissée à l’aléatoire.
Le détour par des expositions dans des galeries participe à cette volonté de renouveler son approche des images et des reportages.