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Centre
de
photographie
contemporaine

© Denis Darzacq
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Denis Darzacq


Exposition "Nus" en 2004



Dans la série de photographies de Denis Darzacq, les hommes et les femmes marchent nus dans des rues qui traversent des cités pavillonnaires.Ils sont sortis de chez eux, ils avancent dans le rythme de leurs pas, ils traversent l’air qui est, à ce moment de la journée d’un blanc presque brumeux, comme la lumière qui les éclaire alors totalement. Ces hommes et ces femmes ont quelque chose à faire, cela se sent dans la tenue calme de leurs corps, ils avancent sans hésitation, sans contraintes. Peut-être répondent-ils à un appel. Ils se dirigent vers le même point de rencontre, laissant derrière eux le confort construit de leurs habitudes. Ils vont se retrouver pour entreprendre ensemble l’édification d’un projet qui changera leur existence, un ordre nouveau qui leur paraît être le meilleur moyen d’envisager un futur merveilleux. Ils sont donc confiants et ils y vont. Qui leur a donné cet espoir ? Qui les a convaincus d’apparaître ainsi
dans cette nudité extrême, comme la preuve d’une liberté nouvelle qui va les porter vers un inconnu intelligent et sensible, la liberté qui les transformera définitivement ? Pas de réponse ou alors trop de réponses. Là il est trop tard pour en savoir plus, ces corps captivés attirent le regard et nous entraînent dans le sillage de leurs pas.

Plus loin. Ces êtres sont venus d’ailleurs, cela se sent à la tenue calme et libre de leurs corps, qui contredit la conformité obscure qui borde ces rues de petits forts préfabriqués. Là, ils se montrent à ceux qui sont cachés derrière les façades exactes de ces maisons clonées. Ils se montrent comme la preuve d’une liberté totale, une liberté qui n’est pas si difficile à atteindre. Il suffit de se défaire des attributs convenus, de respirer normalement, profondément, de se déshabiller et d’y aller. Ces hommes et ces femmes deviennent alors des appâts qui vont entraîner ceux qui les observent vers un inconnu merveilleux.Cette armée est là pour tout foutre en l’air.

Plus loin. Dans la série de photos de Denis Darzacq, les hommes et les femmes marchent nus dans des rues qui traversent des cités pavillonnaires. La lumière blanche les enveloppe et leur fait du bien. Ils sortent tous d’une de ces maisons, ils y ont passé une nuit, un moment merveilleux, ils ont parlé, dansé, fait l’amour, ils ont inventé le monde.
Tous ont ressenti le besoin de respirer cet air nouveau, de parcourir le chemin des fous où les yeux restent grand ouverts.

Et puis, d’autres histoires encore, celles qui soutiennent la visibilité de la nudité de ces corps. Ces corps ne peuvent être des idoles, mais bien des exemples. Ils sont proches, ils sont vivants, ils ressemblent à nos corps. Ce qui fait événement est bien que ces corps se montrent dans un autre état, bien au-delà de leur nudité.

Cette série de photos n’est pas une nouvelle tentative dans le travail de Denis Darzacq mais un autre évènement à associer à ceux des autres séries, les êtres de la nuit, les ex-votos brésiliens, les anonymes traversant des places, ou encore l’apparition de formes lumineuse sur des écrans transparents. Denis Darzacq invente le regard.

Georges Tony Stoll, décembre 2003