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Centre
de
photographie
contemporaine

© A.Petrel
© A.Petrel


Aurélie Petrel


exposition "Images en résidence" au bleu du ciel en 2012




Terre d’image

Pour certains le message se réduit au médium, pour d’autres il cherche un au delà vers le réel environnant, qu’il cherche à aborder, ou à décrire.

Aurélie Pétrel a choisi de se tenir à la périphérie de ces deux approches et instaure pour cela la césure de l’image. Elle rompt la ligne horizontale par le milieu, comme on sépare les tas de terre, pour les disposer en petits monticules inégaux au coeur de son atelier, afin d’y délimiter le sens. Protocole formel et dépouillé, qui s’est donné pour fonction de construire des petites montagnettes à échelle liliputiennes, mise en situation de résidence dans le studio photographique.

Ces objets plastiques coiffent alors l’horizon extérieur à travers la fenêtre : soit en pleine lumière naturelle, soit dans le clair obscur de la nuit tombante. Et le contraste de l’herbe verte souligne, que la naissance de l’oeuvre se fera seulement après la confrontation avec l’entropie du désordre.

Prendre la terre presque à bras le corps, qui nécessite une manipulation minutieuse, la visualiser dans l’empreinte d’argent, lui même extrait de ses entrailles terre, la tamiser au sas de la transmutation de materia prima brut des origines, en l’objet plastique et consommable, tel est donc le projet d’Aurélie Pétrel travailleuse de fond qui n’a cure obstinément, que d’orienter son regard vers le sol et d’y enterrer ses images.

Cet élément solide sur lequel tout repose, tout se construit sert finalement ici de support graphique à des compositions soignées, et méthodiques, excavatrices du champ restreint du visible.

La création est mise à nu, toujours à hauteur d’oeil dans sa plus simple expression, défiant la loi du nombre d’or , avec l’espérance du créateur de tomber sur la pépite rare.

Seules deux images prises en extérieur contextualisent le territoire, nous indiquant la provenance de son inspiration : terre grise remuée par les pelleteuses en contrebas d’un talus; comme la métaphore de ce chantier artistique en cours d’élaboration; terre couleur de sienne en esplanade délimitée par des fonds nuageux, qui étale sa mutitude orangée.

Questionnement ardu sur la construction plastique et sa spacialisation dans l’installation, qui conclut la rupture entre la terre et le ciel; entre une carrière en exploitation, et l’intuition évanescente.