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Centre
de
photographie
contemporaine

© Arnaud Claass
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Arnaud Claass


Exposition "Nuit optimale" en 2006



Après la série Mémoire vive, pour laquelle Arnaud Claass a photographié une variété d’objets, de lieux, de faits de nature ou de ville, souvent de façon aussi littérale que possible, l’ensemble Nuit optimale constitue une échappée. Les images ont été faites exclusivement de nuit, entre septembre 2004 et mai 2005.
Le photographe s’est consacré aux sources de lumière de la ville, pratiquant un brouillage constant de la mise au point optique et éliminant la quasi-totalité des informations secondaires. Les images constituent un univers dans lequel le regard oscille entre un lointain écho de réalisme urbain et une constellation de traces lumineuses. Les taches de couleurs vives, tubes de néon, enseignes et autres signaux de la ville nocturne suggèrent un état réceptif d’où tout événement particulier aurait été tenu à l’écart.
Arnaud Claass continue d’affirmer une conception de la pratique photographique comme expérience visuelle mais aussi comme ouverture d’un espace de pensée. Pour autant, les valeurs d’immédiateté de l’image et le primat du sensible ne sont pas remis en cause.
Comme c’était le cas pour Mémoire vive (dont quelques passages annoncent cette affirmation thématique du flou) cet ensemble est par ailleurs publié dans un livre qui comprend des textes écrits durant la période concernée.
Le flou a été et continue d’être un enjeu troublant depuis les débuts de l’histoire du médium. Contrairement au flou de bougé, volontaire ou accidentel (souvent associé à l’évocation du mouvement, à l’idée d’expérimentation, d’expression ou de spontanéité), le flou de mise au point a parfois été le moyen de porter la photographie sur le terrain de la non-figuration.
Dans Nuit optimale il évoque un univers où le « sujet » resterait en suspens au lieu d’être capturé dans l’urgence ou réduit à un jeu de formes. Quelques images portent les réminiscences discrètes de certaines œuvres du Pop Art ou de l’Art minimaliste mais le sentiment de la saisie jubilatoire d’un instant n’est jamais oublié.
Arnaud Claass poursuit ainsi son examen des capacités du médium, soucieux à la fois d’en affirmer les particularités et d’en mettre les frontières à l’épreuve.