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Centre
de
photographie
contemporaine

 
 
 
 
 
 
 
 


Yann Delacour


Exposition “En déplacement” du 16 mai au 13 juillet 2013


2000-2013
à travers 4 séries photographiques dont trois, inédites, réalisées entre 2000 et 2013.


Téléchargez le dossier de presse de l'exposition (.pdf)


La question du corps y est très prégnante, celui de l’artiste à travers ses autoportraits, aux installations réalisées par différents corps de métiers dans les rues de Paris afin de garder une place pour un véhicule et à travers ces portraits d’individus pris dans le cadre de leur fonction professionnelle. Et ce qui trouble assez rapidement l’attention est cette frontière qui semble osciller entre photographie quasi documentaire et photographie plasticienne. Là où le sujet semblerait s’inscrire dans le cadre d’une photographie dite plasticienne par exemple dans ces derniers autoportraits où l’artiste se recouvre la tête entièrement de terre afin de la modeler ou plus précisément pour la démodeler peut-être, Yann Delacour nous donne à voir ce geste dans le cadre d’un état des lieux, dans une photographie «docuplasticienne», ou l’identité semble autant se construire que de se déconstruire. Et c’est cet oscillement, cette vibration qui prend aussi place et forme dans les autres séries que nous présente l’artiste.
Les installations prises dans les rues de Paris sont autant des gestes de sculpteur que des gestes à un moment donné d’un ouvrier qui devra vite mettre en place un dispositif économique contextualisé pour garder la place pour son véhicule. D’ailleurs, certaines installations sont réalisés par l’artiste lui même dans un jeu de permutation - ou l‘activité de l’autre devient extension de sa propre activité. Certains diront transgression, mais c’est alors faire un contre sens direct à ce que met en jeu l’artiste.
Et c’est cette même logique qui prend forme dans la série des portraits pris eux aussi dans les rues de Paris : hôpitaux, bureaux de poste, le siège de l’ONU, parkings, église, zoos ... ou finalement à travers toutes ces sphères d’activité comme celle de l’artiste elle même, des individus se retrouvent face à eux mêmes dans une architecture à la fois mentale et subjective et à la fois pouvant nous interroger sur la nature de la relation que nous entretenons avec l’autre dans la sphère publique. Et cet oscillement entre état des lieux interne et externe vient véritablement démonter et questionner l’état de l’oeuvre, et l’oeuvre de l’état dans une recherche auto documentaire dans le cadre d’une recherche formelle plasticienne, et plasticienne dans le cadre d’une démarche quais documentaire externe à l’atelier.
Cet oscillement crée un déplacement permanent du point de vue, de l’identité, alors que précisément tous les sujets sont totalement figés dans l’espace.
Yann Delacour travaille à Paris dans un petit atelier de quelques mètres carrés, et la rue est devenue par la force des choses son atelier à ciel ouvert créant un vase communiquant entre un monde intérieur et extérieur qui se sont complètement articulés.