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Lionel Scoccimaro est un sculpteur qui utilise parfois la photographie comme accompagnement de ses pièces dans l’esprit d’Héraclite d’Ephèse qui il y’ a deux millénaires associait l’art au jeu.




« Custom Made Pin-Up » (2003), présente des babes dans des poses suggestives et déshabillées auprès de ses sculptures en résine de polyester aux peintures vernies, comme des offrandes phalliques et bariolées, qui convoquent les ombres d’acier des cylindres des Harley. Il y rend hommage à la contre-culture américaine des années 60/70, où chaque groupe de photographies présentées par deux, évoque l’œuvre d’un artiste de la côte Ouest. Qu’il soit surfer (David Nuuhiwa), musicien (grateful dead), custom motocycliste (Arlan Ness) , cinéaste porno (Russ Meyer), catcheur et acteur (Hulk Hogan ) ou cascadeur (Evel Knievel), il redonne à cet ex-underground revisité, ses lettres de noblesse en le faisant accéder au statut d’art plasticien rendu visible sur le marché pour des collectionneurs avides de valeur ajoutée. Cet art pacotille et cultivé respecte l’esprit du motard custom, ajoutant plusieurs couches de vulgarité Brechtienne pour réanimer un demi siècle plus tard la virilité des anges de l’enfer popularisés par Marlon Brando ou Peter Fonda. d’« Easy rider »,
Lionel Scoccimaro réalise une oeuvre d’ interprétation percutante de mimétisme de cette culture populaire, proche de l’artisanat et du graphisme magazine : posters et catalogues d’accessoires.






« Surf trip » (2004), nous entraîne dans cet univers de papier glacé californien cherchant à reconstituer les chambres d’adolescent, où sont puisées les reproductions de paysages idylliques aux noms évocateurs : Santa Barbara, Puntas Cabras, Bringin Sunset, Palm Trees Sunset... Manquent les airs des Beach boys et de Grateful Dead pour clore le tableau.
Mais le recul de la monstration quelque peu glacée avec ses images aux couleurs passées et passéistes contraste avec le référent réel de ces territoires du plaisir et de cette liberté, jadis « Hippie ».






« Octodégénérés » (2003 - 2007), série de portraits photographiques classiques et émouvants,( si l’on sait outrepasser l’apparence) mise en scène de studio où sa grand mère et son oncle s’en donnent à cœur joie. Ces vieillards (clowns hilares ou tristes ?) retombent en enfance et dans son émerveillement fait d’humour et de dérision. Sans céder aux sirènes de la culture dominante qui voudrait en faire des piliers d’Alheimer, ils soumettent leur corps à la grimace et à la torture provocatrice des pantomimes ; retraités de l’indifférence ballottés de mouroirs conventionnés en autobus organisés.
A travers eux Scoccimaro fait un pied de nez à l’art conventionnel, redorant le blason de ce troisième âge meurtri à la fois infantilisé (le vote républicain) et flatté (le dernier maillon de la consommation).

Gilles Verneret