Je suis né à Paris ; J'ai toujours vécu et travaillé à Paris même ou en banlieue. En conséquence je suis avant tout un photographe de paysages urbains.
La déchetterie d'Ivry est bien connue des franciliens, on la voit du périphérique, de l'autoroute A4, du chemin de fer et du RER, de nombreux endroits de Paris, d' Ivry bien sur et de la plupart des villes environnantes.
J'habite en face.
Cela m' a pris deux ans pour me décider à en faire la première photo. Parce qu'avant de commencer une série j'ai besoin d'être imprégné par mon sujet, de savoir plus ou moins exactement où je veux aller. La déchetterie n'échappe pas à cette conception. En fait elle est la série inaugurale de mes recherches photographiques existantes ou en gestation.
Pour la déchetterie comme pour le métro ou René Villars je m 'impose, quant le sujet ne le fait pas lui même, quelques contraintes.
Avec le décheterrie c'est toujours le même cadre et sur une durée de un an.
J'ai commencé par mépriser cette vue imposée jour après jour. Puis j'ai fini par l'intégrer à ma vie, à y poser un autre regard. Je remarque d'abord le changement de sens du vent, de forme et de couleur des fumées; puis le ciel, les nuages, la lumière, dans leur infinie diversité.
La déchetterie et son environnement terrestre étaient toujours une source de pollutions sonores, visuelles et bien sur de l'air et du vivant. Mais le ciel, les nuages semblaient résister. Voir attaquer la déchetterie, lui imposant leur beauté.
Je n'ai pas voulu montrer la laideur de la déchetterie mais la confrontation de la nature avec elle. Pendant un an j'ai contemplé avec l'aide de mon appareil photo cette confrontation.
        
        
  
Pour le métro la démarche inaugurée par la déchetterie est sur le fond identique. A la différence qu'il m'a fallu bien plus de temps, de maturation.
50 ans !
Tous les jours ou presque je l'ai emprunté réalisant parfois quelques clichés à la sauvette, sans suite.C'est que le métro a été photographié sous toutes les coutures.
Le métro? Pas si sur. Les gens qui l'empruntent oui, les couloirs et les rames bondées, grève ou pas. Le métro boulot dodo oui. Mais le métro lui même, à ma connaissance jamais, ou pas souvent. Et si oui pas en temps que série et pas dans sa globalité, sa diversité. J'ai donc commencé à faire des repérages qui ont souvent confirmés ce que je connaissais déjà.
Pendant cinq mois j'ai photographier ce cher métro, son décor, son architecture, son mobilier devant lesquels des millions de gens passent avec indifférence tout en les masquant au regard.
Il s'agit ici d'une sorte d'hommage à cet endroit que l'on dit inhumain et qui pourtant nous rend bien des services.
Pour les contraintes, trois sont imposées par le sujet. Les lumières insupportables ainsi qu'une relative dangerosité et la foule.
Attendre qu'il n'y ait personne dans le cadre, ne jamais photographier une rame, sauf une exception me sont propres.
        
        
   
Xavier Rufié
Né en 1955 à Paris 15éme
Arrêt de la scolarité en 3ème
Diplôme : aucun
Autodidacte
Avril 1974 : début aux PTT
Fin décembre 2003 : fin de carrière aux PTT
1981 : Débuts photographiques
1981 - 2004 : errance photographique
1990 - 1992 : réalisation de ma première série : "la nuit parisienne"
6 janvier 2005 : début de la série "déchetterie"
6 janvier 2006 : fin de la série "déchetterie"
2006 : série "René Villars"
Avril 2006 - Août 2006 : série "le métro parisien"
Avril 2007 : création de son site internet
www.xavierrufie.com |