Olivier ROUSSEAU
On pourrait commencer par dire tout ce que ces photographies ne sont pas.
Elles ne sont pas une entreprise encyclopédique ou thématique, la photographie d’une société à une époque donnée, ou un projet conceptuel soutenu par un procédé stylistique identique à chaque image. On ne trouve aucun discours historique ou sociologique. Aucun effet ni mise en scène, aucune volonté stylistique. On accompagne plutôt le photographe dans les lieux qu’il traverse ou habite. Ce n’est pas un miroir qu’il nous tend mais plutôt ce qu’il voit par sa fenêtre.
De Valenciennes à Paris et sa banlieue, en passant par Berlin, le Japon, l’Amérique du Nord jusqu’au sud-ouest de la France. Il n’y a pas de recherche d’exhaustivité. Les lieux sont variés mais pourraient tous finalement avoir été pris au même endroit. Leurs noms assouvissent juste notre désir d’évasion, nourrissent notre imaginaire.
Il ne faut rien attendre de ces images car elles sont l’attente elle-même. Elles sont ce sur quoi notre regard ne s’arrête jamais, et pourtant elles sont totalement gravées dans notre inconscient.
En les regardant attentivement on retrouve nos propres moments d’attente, de contemplation, de méditation.
C’est un monde silencieux, comme arrêté, suspendu. Subjectif dans le choix des sujets, objectif dans le style documentaire, à l’exception du cadrage, qui renvoie aussi bien à la peinture qu’au cinéma. La place laissée aux ciels nous rappelle la peinture flamande, et certains sujets nous renvoient aux paysagistes français de l’école de Barbizon. Cinématographique pour le côté road-movie, la sensation de défilement, de voyage immobile qu’on ressent en regardant ces images.
Les sujets pris à la peinture, au cinéma et nourris par la photographie couleur américaine entament un dialogue avec ces références, une conversation où des scènes se croisent, se répètent, s’enrichissent et se transforment.
Photographie en creux, sans qualité, antidramatique. La lumière n’y est donc jamais éclatante, victorieuse ou implacable, mais plutôt douce, protectrice et vaguement mélancolique.
Photographie antidramatique dans la grâce et le calme des gestes des personnages. Les portraits ne sont pas posés, ce sont les proches du photographe en train d’observer, de méditer, de dormir. Ils sont pris au moment où la paix se pose sur leurs visages.
Ces photographies sont des arrêts de ce qui défile en permanence sous nos yeux, et que dans le flot d’images nous n’avons pas le temps de saisir. Olivier Rousseau les saisit pour nous, pour que l’espace d’un instant il n’y ait de nouveau rien à voir mais tout à regarder, pour que l’on se retrouve, une fois encore, au seuil, à l'instant où l'on ne sait rien.
Caroline Molusson, Bordeaux, juillet 2008.
Olivier Rousseau est né à Valenciennes en 1972
olivirousseau@yahoo.fr
Expositions, résidences et commandes :
2009
Plein soleil, exposition personnelle, Galerie Où, Marseille.
Artiste en résidence, Galerie Où, Marseille.
Exposition collective, Galerie Dupleix, Toulouse.
Photographies, exposition personnelle, Librairie Mollat, Bordeaux.
Paysages, exposition personnelle, Galerie du loup, Bordeaux.
2007
Joyeuses fêtes, exposition personnelle, M190, Villeneuve-sur-Lot.
Human, exposition collective, Concept Space Gallery, Shibukawa, Japon.
2006
Exposition personnelle, Galerie du Loup, Bordeaux.
2005 / à ce jour
Exposition virtuelle sur le site www.galerielebleuduciel.com, Lyon.
2004/2005
Artiste en résidence, Cité Internationale des Arts, Paris.
2002
Participation au festival de photographie Voix Off 2002, Arles.
1999
Commande photographique de la Mairie de Valenciennes “Architectures du XXè siècle” .
Etudes :
2001
Diplôme National Supérieur d'Arts Plastiques, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
2000
Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique, avec les félicitations du jury, Ecole des Beaux-Arts de Tourcoing.
1997
Diplôme National d'Arts et Techniques, Ecole des Beaux-Arts de Valenciennes.















