RETOUR  

Géraldine LAY / "Les failles ordinaires" // "Scenes from the city"
courtesy galerie Le Réverbère

/ "Les failles ordinaires"

Cette série de photographies est le résultat d’une pratique régulière, presque quotidienne. Munie d’un petit appareil léger et compact que je peux emporter partout et garder sur moi en permanence, je suis à la recherche de «petits événements ». Dans mon quotidien, dans mes déplacements , lors de voyages ou simplement au cours de promenades, je guette des petits faits, des gens, des lieux, qui décideront de la photographie. Des conditions de lumière particulières, des scènes souvent anodines, me guident et appellent une photographie.

Dans une production massive, certaines de ces images prennent corps, sortent du lot, lorsque l’opération photographique développe un mystère, un moment de suspension dans le temps, restitue une dose de «douce étrangeté ». Je choisis de garder une image lorsque j’y vois la présence de différents éléments récurents comme une qualité de lumière remarquable, un événement cocasse ou inquiétant mais aussi une absence d ’anecdotique, de repère temporel, géographique ou encore biographique. Tout cela doit amener à une unité, une certaine constance dans la vision de ces photographies que je veux comme autant d’incarnations de rêves ou de pensées improbables.

Jacques Damez et Ariane Mestre écrivent à propos de ce travail : Pour Géraldine Lay, l’éblouissement suspend le monde en images : ses photographies figent dans l¹éclair l’inquiétante présence du quotidien. L’apparente désuétude des scènes laisse affleurer une violence retenue là, au bord de la coupe du cadrage. La photographe recouvre la cruauté du monde d’un mince vernis d¹étrangeté et dévoile d¹intimes entre-deux (temps), véritables photogrammes d’un film qui n’existe pas mais que le spectateur se plaît à inventer.

Ce travail a fait partie du projet collectif réalisé en collaboration avec François Deladerrière, Céline Clanet, Geoffroy Mathieu.
Nous avons regroupé des séries de travaux en cours, afin de les présenter et de les exposer collectivement.
Il en est résulté un site internet [www.unmincevernisderealite.com], une série d’expositions, et un livre paru en avril 2005, aux éditions Filigranes.

// "Scenes from the city"

Italo Calvino écrit dans les villes invisibles : « la ville est redondante : elle se répète de manière à ce que quelque chose se grave dans l’esprit. »

En arrivant pour la première fois à Rome, j’ai eu l’impression de me retrouver sur la scène d’un théâtre à ciel ouvert. J’avais la sensation d’être au cœur d’une ville décor peuplée de figurants. J’ai alors commencé à les photographier. Mon regard s’est porté vers ceux qui laissaient apparaître une faille, une certaine fragilité. Mais il ne s’agissait pas de réaliser un reportage social, plutôt de capter quelques visages croisés, dont l’humanité et une certaine impression de déjà-vu m’ont saisie. Certaines des peintures que je pouvais voir lors de mes visites d’églises ou de musées, faisaient parfois étrangement écho aux scènes vues un peu plus tôt dans la rue. A l’image d’une ville théâtre se substituait alors celle de l’atelier du peintre. J’ai poursuivi cette recherche dans le Rome d’aujourd’hui, en tentant de réactiver des moments de pensées et d’émotions qui ont nourri cette archéologie esthétique.

Un peu plus tard à Helsinki, j’ai continué à photographier les gens que je croisais. Mon regard s’est alors tourné du côté des adolescents. La prégnance du modèle américain dans les pays nordiques a rapidement transformé ce qui a Rome est scène de théâtre, en plateau de tournage de série télévisée. Les passants semblent jouer une scène indéterminée, comme si chacun se mettait à vivre un songe fugitif. Ces visages croisés s’effacent derrière le rôle que mon regard leur assigne : la rue devient le lieu d’une véritable comédie humaine. Les adolescents, en quête d’images, sont particulièrement préoccupés par leurs apparences. Ils choisissent avec soin leurs tenues, leurs coiffures, leurs attitudes, leurs mimiques afin de faire bonne figure. La télévision qui a marqué leur imaginaire, ainsi que le mien, a produit des modèles aujourd’hui projetés dans la rue. Photographier les passants comme s’ils étaient les acteurs d’une série est pour moi une manière de m’approprier la ville, de l’imaginer et de la mettre en image.

Italo Calvino écrit : « la mémoire est redondante : elle répète ses signes pour que la ville commence à exister. » Au fil de mes photographies, une histoire se crée : mélange de fiction et de réalité, véritables suites de photogrammes d’un film dont le scénario n’existe pas.

 

BIOGRAPHIE :

Géraldine Lay, née en 1972 à Mâcon
Vit et travaille à Arles
Diplômée de l ’Ecole Nationale de la Photographie en 1997
Son travail est représenté depuis le printemps 2005 par la Galerie Le Reverbère, Lyon

Responsable de fabrication aux Editions Actes Sud

Expositions-Aides-Prix-Résidences

2007 :
Exposition collective "Un mince vernis de réalité", Institut Français de Valencia (IFV) - Espagne
double invitation en résidence du centre d’art contemporain de la Chapelle Saint-Jacques à Saint-Gaudens et du centre photographique Image-Imatge à Orthez (2007). Expositions prévues en été 2008.

2006 :
Exposition collective au Rectangle à Lyon de la série "Rome 2005-2006" pour Lyon septembre de la photographie
Exposition collective des 25 ans de la Galerie du Reverbère, Lyon

2005 :
Lauréate de la bourse de Lyon septembre de la photographie 2006 pour la série Rome
Présentation à Paris-Photo, sur le stand de la Galerie Le Reverbère, Lyon
Exposition de la série "Un mince vernis de réalité", in Les pépinières du Reverbère, Galerie Le Reverbère, Lyon

2004 :
Exposition collective "Un mince vernis de réalité", Festival Voies OFF, Arles
Exposition collective "Un mince vernis de réalité", Galerie Madé, Paris

2003 :
Exposition collective "Un mince vernis de réalité", Atelier De Visu, Marseille

2002 :
Projection de «Un mince vernis de réalité» au Festival Voies OFF d’Arles.
Nominée au prix «Talent Fnac »

1997 :
Exposition personnelle : Portraits de Colombie
Lauréate du projet Défi-Jeunes et du coup de coeur BNP, je suis partie un mois et demi à la rencontre du peuple colombien pour tenter d’en dresser un portrait. Avec la collaboration de la société de café colombien la SACA, je suis allée photographier différentes productions caféières dans tout le pays. Ce travail a ensuite été exposé à la SACA à Bastille, Paris, à l’agence de la BNP à la Guillotière à Lyon et dans le métropolitain lyonnais.

1996 :
Participation à l ’exposition collective sur le paysage au Canada avec mon projet "En allant et en revenant"

Publications

2006 :
Catalogue d'exposition : 25 ans de la galerie Le Reverbère, Editions de l'Œil. 2006.


2005 :
Portfolio dans la revue "Infra-Mince" N°1, éditions Actes Sud. Novembre 2005.
Ouvrage collectif : Un Mince Vernis de Réalité, préface de Michel Poivert. Editions Filigranes. Avril 2005.