Né en 1977, Emmanuel Fradin originaire de Rochefort/mer arrive à Paris en Avril 1997 afin de faire son Service National à l’E.C.P.A. Il sera affecté au Service Photographique de l'Hôtel Matignon.
Il intègre le poste de Photographe du Premier ministre pendant 4 ans ou il suivra l'actualité quotidienne en France et à l'étranger auprès de Monsieur Lionel Jospin.
Son contrat terminé, il expose à la Corderie Royale "Instants" photographies prisent au cours des voyages officiels, moments fugitifs sur les différents pays traversés.
En juin 2001 il se dirige vers la presse magazine et collabore avec différentes agences de presse (Imapress, Abaca, Angeli, MaxPPP) puis redevient indépendant.
Il alterne des sujets de société qu'il traite sur le long terme, avec la couverture de l'actualité sur laquelle il porte un regard personnel.
Régulièrement publié dans les plus grands magazines, aujourd'hui Emmanuel Fradin vit et travaille à Paris où il collabore avec l'agence Reuters et la presse Nationale et Internationale.
Il poursuit son activité au sein de Newday, dont il est l'un des membres fondateurs. |
        
         
   
Génération Tchernobyl
Le 28 avril 1986, Yevgen, trois mois, se promène avec sa mère dans les rues de Pripiat, au nord de l’Ukraine. Une fête foraine est installée et la grande roue sera inaugurée le 1er mai pour la fête du travail. Dans cette ville moderne et prospère de 50 000 habitants, loge la majorité des employés de la centrale nucléaire Tchernobyl-Lénine située à 10 kilomètres de là. Dans les rues de Pripiat, court ces dernières heures le bruit qu’un grave accident aurait eu lieu à la centrale. Effectivement les gens apprendront plus tard que le 26 avril, le quatrième réacteur de la centrale nucléaire a explosé à 1 heure 26 du matin, dégageant un nuage radioactif. Les Ukrainiens pensent alors à l’Apocalypse de St Jean : « Le troisième ange sonna de la trompette. Et il tomba du ciel une grande étoile qui brûlait comme un flambeau : elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile se dit : Absinthe : le tiers des eaux tourna en absinthe, et beaucoup d’hommes périrent par le fait des eaux, car devenues amères » (chapitre VIII, lignes 10,11). Tchernobyl, en ukrainien, évoque l’absinthe qui pousse dans la région et c’est la plante d’Arthémise, la déesse grecque responsable des morts violentes.
Les autorités évacueront trop tard un périmètre de trente kilomètres autour de la centrale.
Les familles qui vivaient dans la zone comme celles d’Helena gagneront Kiev à 150 kilomètres au sud. Les parents d’Oxana, de Tatiana d’Arsène et de Dimitri bien qu’habitant déjà la capitale préféreront par précaution envoyer leurs enfants encore plus loin du drame, chez des amis ou dans la famille durant l’été qui suivi.
Ils ont aujourd’hui vingt ans.
L’explosion fait partie de leur histoire, mais Tatiana, pense qu’il est plus facile de ne pas y penser sinon, « on devient fou ! ». Certains sans vouloir l’effacer préfèrent garder leur distance. Quand on demande à Dimitri si cela l’intéresse d’aller visiter Tchernobyl il répond : « Voir ! Voir quoi ? Il n’y a rien » Maria ajoute : « Quand on a peur du loup on ne se promène pas dans la forêt. » Oxana y est allée dans le cadre de son travail. C’est le silence de la ville de Pripiat qui l’a frappé, « j’ai vu un piano ouvert et des partitions posées prêtent à être jouées. » Arsène, parle d’un « univers apocalyptique de jeu vidéo ».
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