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Cédric cottaz / "Le parc" // "Lux"

"Il y a dans mon travail un certain goût pour la solitude et le vide. Mes photographies sont des images "neutres" de sites sans qualité ou caractère particulier.

J'exclue volontairement toute figure humaine de ces images de manière à sortir la relation structurelle entre l'être humain et son environnement à l'extérieur du cadre de la photographie. Le rapport s'établit alors directement entre l'image et le regardant. Chaque photographie prend une dimension sculpturale. C'est une sculpture à deux dimensions dans le sens où elle positionne physiquement le spectateur. On prend place devant l'image. C'est une mise en situation, un placement. La photo agit alors comme une balise. Elle balise notre regard et notre corps tout entier. Elle nous place là, ici et maintenant devant et dans un espace."

/ "Le parc"

Le PARC est une série de six photographies réalisées à la chambre.
Les images représentent des façades de maisons photographiées dans un quartier résidentiel de Royan.
Les maisons sont habitées ou vides, fermées pour l'hiver. Dans les deux cas je me suis intéressé au double statut de la façade : la façade comme élément architectural qui à la fois, voile et dévoile. C'est un entre-deux. Elle cache et occulte la vie privée, mais aussi révèle une partie de la vie des habitants qui vivent là.
La façade est une territorialisation dans le sens où elle trace différents espaces. C'est une cloison, une séparation, une délimitation, une frontière entre l'espace public et privé.    
Par l'usage d'un éclairage puissant j'invite le regard à pénétrer la matière mais plus que cela, j'invite le spectateur à opérer un renversement.
L'excès de lumière efface tout détail. Le mur ou la cloison deviennent une structure transparente. Le plein devient vide. D'une certaine manière l'utilisation du flash en pleine nuit crée un trou dans la matière et dans la photographie. Par ce processus je déconstruis, je fais œuvre d'an-architecture.
                                                                           
Royan, mai 2004.

// "Lux"

Dans la série LUX, je m'intéresse essentiellement à la lumière comme élément consubstantiel à la photographie et à la vision.

J'utilise des projecteurs puissants que je braque sur des sujets quelconques, des architectures repérées au gré de mes errances dans le département du Lot et Garonne.
Peu importe les sujets photographiés. Je ne choisis pas un bâtiment pour ses qualités architecturales, mais pour ses qualités à répartir, à réfléchir ou à absorber la lumière.
en introduisant de l'éclairage dans ces sites, je cherche à voir là où voir n'est habituellement plus possible parce qu'il fait nuit. Je force en quelque sorte l'obscurité pour créer de la visibilité, mais de la visibilité transformée.

Malgré l'usage de la lumière projeté sur le sujet photographié, le dosage de la source lumineuse est précis et minutieux. C'est tout simplement une question de degré. J'utilise un éclairage tout en nuance qui à la fois efface et révèle les détails me permettant ainsi de jouer à la limite même de l'apparition de l'image, là où le basculement s'opère entre le visible et l'invisible. 
La lumière rend visible. Son usage intensif déconstruit le visible.
En effet, la lumière qui habituellement fabrique de l'espace et de l'architecture en donnant du relief et de la profondeur, vide ici l'image de ses propriétés. Les perspectives, les points de fuite s'écrasent jusqu'à disparaître. L'image complètement saturée perd son poids, sa matière et se transforme en un corps transparent, vidé de son contenu.
La lumière devient d'un coup l'outil avec lequel je travaille. C'est une sorte de burin qui me permet de percer, creuser ou aplatir des volumes afin de sculpter un espace en deux dimensions. Par ce procédé, je fais glisser la photographie de la représentation à la présentation en tant que présence. Elle n'est plus cette surface sensible qui représente le réel.

Cet usage iconoclaste de la photographie me permet d'extraire l'image de la narration pour la ramener à son aspect purement matériel, à cette dimension primaire qu'est le visuel.
Débarrassé de ce rapport représentant/représenté, signifiant/signifié, l'image acquiert une certaine autonomie. Elle ne renvoie plus alors à un sens particulier ou défini, mais devient un objet en soi. Par ce renversement, je traite l'espace photographique comme un simple outil visuel, une balise qui positionne le corps et le regard du spectateur, un objet de placement et de positionnement physique.

Loin de tout processus narratif, mes images ne sont plus que de la vision en œuvre, en acte. Elles constituent une façon de voir dégagée de toute réflexivité mais aussi de toute positivité. Elles sont une façon de voir qui est ouverture et interrogation, car voir, ne consiste pas à identifier du connu ou de l'intelligible. Au contraire, nous voyons avec notre sensibilité, c'est-à-dire avec notre capacité à nous laisser toucher.
Dans ce sens, je ne vois pas dans la photographie mais plutôt avec ou selon celle-ci. La photographie apparaît alors comme une modalité de notre rapport au monde et interroge les différentes manières d'être là, ces différentes manières d'être au monde.
Je travaille donc la lumière comme processus de mise en relation de notre être, de notre corps avec le réel qui nous entoure. A partir de la lumière, je pose la question du rapport que j'entretiens avec le monde. Comment mon corps s'inscrit dans un espace, mais aussi dans un environnement lumineux?
L'espace est avant tout constitué de lumière en acte. Finalement il n'y a pas d'espace sans lumière et l'usage de cette dernière modifie la relation que nous entretenons avec le monde. Elle est ainsi une topographie, un paysage en mouvement et donc un lieu d'ouverture.

Dans cette série, la lumière devenue aveuglante échappe à son habituelle naturalisation dans l'image. D'un coup, elle n'est plus ce qui fait voir mais ce que l'on voit. C'est tout.

Monflanquin, janvier 2004.

"Ce que vous avez d'abord, c'est la lumière, celle-ci, celle-là, encore une autre, autant de lumière que vous voulez. Et après, mais seulement après hein, alors là il y a le paysage, d'accord, autant de paysages que vous avez de lumières."
Renaud Camus, Le chasseur de lumières

L'architecture, c'est le jeu savant, correct et magnifique des formes sous la lumière."
Le Corbusier

 

BIOGRAPHIE :

Cédric Cottaz est né en 1975
Vit et travaille à St-Etienne
                                                                                                                                                           
Expositions personnelles

2006-Le Parc, centre d'art contemporain Aponia Villiers sur Marne
2005-Biennale de la ville, installation, St-Etienne
        -Ecole d'art, Villeneuve sur Lot
        -Musée de Gajac, Villeneuve sur Lot
        -Pollen, Monflanquin
2003-Entre-deux. (Programmation in) Art Dans La Ville, Palais de justice St-Etienne. 

Expositions collectives

2004 - Les inattendus, Salon d'art contemporain, Paris.
         - Europa l'esprit des villes, Galerie Le Bleu Du Ciel, C.a.u.e Lyon
         - Captures. Centre d’art contemporain les voûtes du port Royan
         - Projection série “lotissement”, Forum de l’image, Toulouse
         - La métamorphose du banal, Galerie Le Château d’Eau Toulouse
         - Les Mars de l’art Contemporain, Clermont-Ferrand
         - Jeune création 2004, Paris
2003 -Rencontres photographiques 2003,  Image/Imatge-Orthez
         -Voies OFF, Festival off des rencontres d’Arles, Arles
         -Jeune création 2003, Paris.
2002 -Installation de travaux photographiques avec le collectif Vous êtes ici.
          Art dans la ville St Etienne.
2001 -[]photographier: artialiser, St Etienne.
         
Catalogue d’exposition, Publication, portfolio

2005 -Artistes en résidence à Monflanquin, catalogue personnel
2004 -Europa l'esprit des villes, catalogue d'exposition
         -Photos nouvelles, mai-juin, n°27; Photos extraites de la série "Lotissement"
         -Exporevue.com; Portfolio en ligne.
         -Galerie Le Château d’eau, catalogue d’exposition.
         -Les Mars de l’art Contemporain, Catalogue.
         -Jeune création, Catalogue d'exposition
2003 -Image/Imatge-Orthez, Catalogue d’exposition.
         -Art Dans La Ville, St-Etienne, Catalogue.
         -Jeune Création, Catalogue d’exposition.
 
Résidences

2004- Résidence d’artistes ARM Monflanquin (3 mois)
         -Résidence, Captures-Royan (3 semaines)