Mois de la Photographie à Bratislava
L’exposition « l’évocation documentaire » a pour vocation de présenter plusieurs façons d’aborder la photographie documentaire créative à travers cinq photographes d’âges et de formations différentes.
Découlant de ces choix, elle cultive l’ambition d’être une illustration de cette photographie documentaire, sans réaliser une approche exhaustive ; la fonction du document photographique étant de « documenter une réalité quelconque ». Cette évocation visuelle a le souci final de confronter les spectateurs d’horizons différents à des subjectivités artistiques et des esthétiques distinctes. Dans tous les cas de figure qu’ils soient artistiques ou purement informatifs, elle cherche à invoquer, convoquer visuellement une autre réalité que le médium photographique lui-même.
Julien Guinand et sa série « les tireurs » met en scène sa propre pratique de la photographie, au travers d’une rencontre avec des sportifs du tir de haut niveau. Son « mode opératoire » met à distance la fonction « shooting » habituellement associée à l’art de tirer une photographie, lui préférant la concentration d’avant le déclenchement de l’obturateur. Il débouche à travers la sobriété de la composition sur une sorte de forme méditative.
Klavdj Sluban se penche sur ses origines collectives à travers la recherche de son père, récemment décédé, aux côtés de son fils Marco, il refait le voyage que ce dernier parcourait entre Lubjina et Paris au début des années cinquante, pour venir travailler en France. Road movie familial sensible et spontané dans la lignée d’un Robert Franck ou Bernard Plossu.
Laurent Mulot explore les cinq continents en confrontant les cultures et les personnes, provoquant des rencontres spontanées qui lui permettent ultérieurement de créer des musées d’art contemporain fantômes, au cœur des territoires abandonnés.
Jésus Alberto Benitez pose la question du médium photographique et de sa mise en espace dans la superposition fortuite avec le réel. Ses images déstabilisent notre vision commune des espaces urbains leur redonnant le blason du mystère de la création.
Gilles Verneret et « Kafka Praha », évoque les lieux et les ambiances de la ville d’origine ville du grand écrivain Tchéque. Quartiers de Pragues où il a vécu, croisé ses contemporains, livré aux errances nocturnes et surtout composé ses chefs d’œuvres de la littérature mondiale. Traces réanimées, parfois par la poésie, dans les strates du réel moderne, celles là mêmes parfois confrontées à la disparition.
Gilles Verneret Curator



















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