Nicolas BELLET
«Edith va être placée dans une maison de retraite.»
Edith est une grand-tante que j’aime beaucoup.
Le choc de cette annonce et une curiosité grandissante pour les institutions au travers des films de Wiseman ont été déterminants dans le choix de ce territoire de travail.
J’avais bien sûr, comme chacun, entendu parler de problèmes au sein de ce type d’établissement: manque de personnel, mauvais traitements, tout et son contraire en fait, discours contradictoires qui éveillèrent en moi le désir d’y voir plus clair.
Le travail a pris du de temps pour trouver sa forme, un axe directeur.
Que dire photographiquement sur la maison de retraite et comment ?
Après cinq mois passés à suivre à tour de rôle, infirmières, auxiliaires de vie, pensionnaires, observer, rencontrer, dialoguer, ce sont les différences de rapport aux temps au sein de la maison de retraite qui ont émergés.
Alors l’enjeu s’est éclairci : représenter et confronter les rythmes de travail et les rythmes de vie.
Nicolas Bellet.












Après plus d’un an passé à venir régulièrement à la maison de retraite, j’ai senti la nécessité d’effectuer un « recadrage », combler un manque.
La mise à distance nécessaire pour la première série de prises de vues, liée à ma hantise de tomber dans le voyeurisme, ne rendait pas compte des relations parfois affectives, et de la confiance que m’avaient accordées les résidents.
Les portraits m’ont permis de retrouver la proximité avec les résidents de la maison de retraite, de les remercier.
Ces portraits sont aussi celui de ce dernier temps, un temps qui s’étire au rythme de la maladie jusqu’à l’extinction, temps figé, parfois de résignation, qui demeure un temps de vie et d’échange.
Nicolas Bellet.















