//"TOKYO, ou l’emprise des signes"
Photographe primé lors du festival "Europa, l’Esprit des villes" de Lyon Septembre de la Photographie 2004










Pour l’étranger de passage, le soleil ne se lève jamais sur l’empire des signes. Sur les façades et les néons, les idéogrammes envahissent Tokyo, transformant la mégalopole en œuvre d’art totale et tentaculaire. Aussi énigmatique : l’agencement apparemment incohérent des rues et bâtiments, l’enchevêtrement des voies, les connexions neuronales du réseau électrique suspendu – toile d’araignée tissée au-dessus d’une masse grouillante d’individus, insectes disciplinés circulant sans heurts. Derrière cette mécanique urbaine fluide se devinent pourtant des arts de faire subversifs.
Indéchiffrables, ces comportements, ces silences et ces cris. Se nourrir, s’habiller, se distraire ou travailler, attendre ou se déplacer, écrire et parler : les lumières de la ville, impressionnant le négatif, révèlent un quotidien transfiguré par la béance du sens. A chaque pas, dans la chaleur moite, l’être neuf étranger se heurte avec délices à l’absence d’évidence de tous ces symboles qui restent obstinément opaques.
Dans un va-et-vient entre macro et microscopie, ces diptyques tissent des correspondances, où les parfums, les couleurs et les sons s’entrechoquent. Ils travaillent cette résistance des signes vestimentaires et scripturaux à livrer leur sens. Evitant toute tentative de traduction, la pratique photographique fait ici entrer en collision des imaginaires étrangers, où même la pose relève d’autres codes. Cherchant à rendre compte de l’emprise qu’exerce l’exhibition de ces signes muets, cette série de photographies recompose et donne à voir une topographie esthésique de la ville.
Romain Bagnard
www.romainbagnard.com
2002-2004
LICENCE Histoire de l’art, Université Lumière Lyon II
2000-2001
MAITRISE de Sociologie, Université Lumière Lyon II
1997-2000
Diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, section Politique et Communication










