L’importance d’un artiste peut être évaluée de nombreuses façons, d’autant que les critères pour tisser de tels jugements sont très multiples. On pourrait dire qu’en soi cette importance devrait être mesurée selon la question suivante : jusqu’à quel point le travail de l’artiste compense-t-il un vide dans notre compréhension du monde et nous aide à créer un édifice critique de notre environnement ?
Joao Tabarra a durant une bonne décennie de travail démontré une capacité peu commune de nous confronter à des images de ce genre. Imprégnées d’un sens de l’humour aigu, elles indiquent clairement la vision d’une société contemporaine habitée par des personnes ambiguës et peu plausibles, des situations marginales et des déviations ancrées dans la réalité d’un monde supposé subir une croissance soutenue.
Travaillant sur la base d’une stratégie étendue, critique et créatrice de la photographie (il était pendant un certain nombre d’années l’auteur des photographies de l’hebdomadaire portugais O Independente, pour lequel il a voyagé, photographié et expérimenté certaines des situations dramatiques de guerre et de convulsion sociale des années 90), la distance qu’il s’est auto-imposée à l’encontre de la compassion réaliste lui a donné la capacité de créer des images qui suggèrent un changement des perceptions de la réalité.
Joao Tabarra a capté l’attention pour la première fois, en 1993 à l’exposition Image of the1190s à la Fondation Serralves à Porto. L’exposition a définitivement marqué la scène nationale artistique car elle présentait un groupe sans précédent et hétérogène de jeunes artistes dans un contexte institutionnel. En d’autre terme, sa portée fut marquée par le développement d’un réseau officiel qui subissait une expansion qualitative et quantitative évidente : la même décennie a vu le lancement ou la consolidation d’institutions comme le centre Culturel Bélem, Culturgest, le Musée Chiado à Lisbonne, le Fine Arts Circle a Coimbra, le Centre de la Photographie Portugais et la Fondation Serralves a Porto. Cela signifie que la contemporanéité pourrait probablement évoluer dans un espace de légitimité, peu importe la controverse résultante.
En effet, l’exposition a démontré l’existence de différences théoriques significatives dans le domaine naissant du débat critique national. |
Expositions (sélection) :
1989
Finalistas de fotografia, AR.CO, Centro de Arte e Comunição Visual, Lisbonne
1990
Biennale des Jeunes Artistes Méditerranéens, Marseille
1991
Cimentos, Galeria Monumental, Lisbonne
Cimentos, Edificio Das Caldeiras, Coimbra
À Suivre, La Chambre Verte, Marseille
Tendências, Forum Picoas, Lisbonne
Celebration, Art Forum, Prague
Brucken, Goethe Institute, Lisbonne
1992
Albùns de Familia, Rencontres Photographiques, Coimbra
Celebrations, Mois de la Photo, Paris
1993
Close your Eyes, Entertainment Co., Rencontres Photographiques, Braga
Imagens para os Anos 90, Fondação De Serralves, Porto
Made in Portugal, Galeria Graça Fonseca, Lisbonne
1994
News Hound, Entertainment Co., Galeria Graça Fonseca, Lisbonne
1995
News Hound, Galerie Georges Vemey-Carron, Villeurbanne
Espectaculo, Disseminação, Deriva, Exilio, Un projet autour de Guy Debord, Metalurgica de Beja/Galeria Dos Escudeiros, Beja
Aperto, Nouveau Musée/Institut d’art contemporain, Villeurbanne
1996
Read My Lips all Guilty, Entertainment Co., documentaire, betacam 55m, avec la participation de Jean Louis Maubant, Benjamin Buchloh, Hans Haacke, Lawrence Weiner et Hans Haacke, Manifesta 1, Rotterdam
1997
Peninsulares, Galeria Thomas March, Valencia
Peninsulares, Antoni Estrany, Barcelone
Read My Lips all Guilty, Entertainment Co., Congrès interprofessionnel d’art contemporain, Centre des Congrès, Tours
Ex-Mater, MEIAC, Museo Extremeño e Ibericoamericano de arte contemporaneo, Badajoz
What Type of Contestation Are We Asking For ?, Galeria Graça Fonseca, Lisbonne
A Arte Pode ser Afirmativa ?, Entertainment Co., Culturgest, Lisbonne
Read my Lips all Guilty, Fondation De Serralves, Porto
Read my Lips all Guilty, Centro Cultural, Belem
Read my Lips all Guilty, Centro Cultural, São Paulo
Read my Lips all Guilty, Biennale international du film sur l’art, Centre Georges Pompidou, Paris
Surveiller et Punir II, Entertainment Co., Palais Das Galveias, Lisbonne
1998
Air Bag the Return of the Real, Entertainment Co., Musée Do Chiado, Lisbonne
1999
Diamond Shine, Entertainment Co., CAPC, Coimbra
Côté Sud...Entschuldigung, Institut d’art contemporain, Villeurbanne
Côté Sud...Entschuldigung, La ferme du Buisson, Noisiel
Love Streams, Galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne
Love Streams, Centro de Artes Plasticas, Coimbra
Love Streams, Galeria Municipal Artur Bual, Amadora
|