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Julie SORREL

Julie Sorrel est représente par la galerie Georges Verney-Carron

Le Rectangle
Exposition du 29 septembre au 4 novembre
Vernissage le 29 septembre à 18h

Ouverture : mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 12h à 19h
Accès : Métro A et D arrêt Bellecour
Place Bellecour – Lyon 2 e
Tarif normal : 3 euros
Tarif réduit : 2 euros (étudiants, chômeurs, RMIstes, + de 60 ans)

 

 

Jeune artiste lyonnaise, Julie Sorrel explore l’univers photographique par le vécu et l’espace. Sculpteur et photographe, elle nous invite à une autre expérience du temps, à un autre regard sur notre société ultra consumériste et les ersatz de réalité qu’elle engendre.

Sa première pièce importante, « les cartes » résonne comme un préambule évident. Une carte topographique dissolue dans un floutage froissé. Elle fait de ce symbole de l’orientation, de l’identification rationnelle de l’espace mis à plat, un quasi non lieu en relief. Une bribe de plan semblant émerger non sans mal de l’épais brouillard qui a envahi cette géographie engloutie. La carte n’a plus de sens, plus de repères. Elle a perdu sa fonction première tout en en gardant sa signature.
Nous découvrons la déformation de l’objet, la distorsion du temps et l’apparition du leurre. Thèmes récurrents dans son travail.

Sa deuxième pièce « le jardin » joue avec l’espace et le vécu : une installation dans laquelle s’inclue tout naturellement le temps, l’instant, le souvenir, sa fixation puis sa confrontation à un autre temporalité. 40 photos amateurs viennent ainsi habiter le lieu, l’emplacement où chacune a été prise. Nous saisissons l’environnement que l’auteur des photos avait alors en face et autour de lui. La superposition opère. Le banc est resté, la nature a évolué. La photo revient à sa source et le public est plongé dans sa magie. L’action du temps, la temporalité devient palpable par un unique regard.

A partir de la troisième pièce, sa recherche de création d’objets par l’image s’accentue. Nous entrons dans une représentation physique des objets et des individus qu’elle photographie. La mise en scène agit comme une reconstitution infidèle d’un réel dépassé par le temps, délocalisé ou dissimulé à l’intérieur de ses installations. Ces dernières reconstituent de façon illusoire les volumes dont son extraites les images originales.
Ces cubes divisent l’espace-temps et le multiplie à un même endroit : 5 temps au lieu d’un. D’une image figée et plate, nous passons à trois dimensions pluri-temporelles.

L’artiste débute sa création de leurre par des objets « la chaise », « le canapé » puis apparaît l’humain « la table ». L’installation suivante, plus complexe, prend la forme d’un triptyque : « les statues », « les sacs best of » et « Nausicaa ». Elle nous invite à la reconstitution spatiale d’un lieu au travers de statues, à la mise en abîme de l’industrie du luxe pour finir par un leurre reposant incarné par un enfant à la fois concentré et décontracté : image de la simplicité et de l’enfant qui en tous demeure. Ces volumes se jouent de l’espace qui les accueillent tout en dissociant les perspectives qu’ils nous offrent.

Mettre de l’image en volume dans un rapport concret à l’espace et au spectateur. Au temps également, comme le souligne une nouvelle fois sa série de photographies « les masques » où la mort plane comme une ombre ici incarnée par les leurres.
Ces œuvres nous invitent à prendre conscience des illusions de l’image, du temps qui passe, de la consommation de masse et de la cause écologique –« les feuilles »- Nous entrons dans le monde du leurre, reproduisant le réel et s’y superposant pour recréer son volume originel par facettes où l’angle de vue devient déterminant. Ce sont des images autour desquels on peut tourner pour sentir la présence physique et autour desquels on doit tourner si l’on veut en saisir tout le sens.

Fabrice Jalibert / Mai 2006