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Silvana REGGIARDO
née en 1967 à Rosario (Argentine)
vit et travaille à Paris

Musée d’Art Contemporain
Du 23 septembre au 31 décembre
Vernissage le 23 septembre à 18h

Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 19h
Accès : Bus n°4, 47 arrêt Musée Art Contemporain
81 quai Charles de Gaulle 69006 LYON
Tél : 04.72.69.17.18

Depuis une dizaine d’années, je développe un travail photographique autour des espaces ou des objets du quotidien : les télévisions et les objets qui les entourent, (objet télévision, Paris 1992-1997), la déambulation urbaine (les présences désagrégées, Paris 2000), les entrées d’immeubles d’habitation (lieux communs : paysages, Paris 2001, lieux communs intérieurs, Buenos Aires 2002), les lieux et les gestes du travail (W, Paris 2004). Trois grandes lignes de force traversent l’ensemble mon travail : le reflet, la vitrine et la transparence, l’écran et ce qui fait image.
Si mes images sont de facture documentaire et portent une dimension réaliste et critique, elles sont en fait conçues comme un espace ouvert, où se fond également une dimension fictionnelle et fantastique. Dans ce processus paradoxal, le sens de l’image ne se trouve jamais là où on l’attend : il est toujours à reconstruire.

Silvana Reggiardo

W
Paris 2004
Projection 8mn 42s

Dans les quartiers d’affaires de la région parisienne, dans la rue, je marche ; du seul point de vue du piéton, je photographie au téléobjectif des individus penchés sur leur table de travail. Ils sont employés, cadres, ils travaillent dans des tours de bureaux : c’est le monde du tertiaire.
J’accède à l’univers des bureaux par la transparence des vitres. Je ne cherche pas à décrire le monde dans lequel ces employés évoluent, je ne tente pas de décrypter leur activité, puisqu’on ne reconnaît ni les bureaux, ni les gens. Je ne veux pas expliquer, ni comprendre. Mais entre les reflets, derrière les surfaces lisses des immeubles, je cherche à capter la présence humaine – à saisir les gestes et les postures mille fois répétés. J’observe les corps à l’oeuvre. Derrière l’écran des vitres, dans les replis de l’ombre et des éclats de la lumière, j’extraie des ébauches de mouvements, des fragments de peau et de matière - accumulant, dressant un inventaire de gestes infimes.

Les vitres énoncent formellement les limites de l'observation. Elles sont des murailles transparentes qui se dressent comme des remparts aux frontières de ma perception ( les gens qu'elles abritent entendent-ils ? voient ils vraiment ? éprouvent-ils un sentiment? ). Elles me renvoient à l'image de ma propre impuissance, au réfléchissement de mes questionnements, se jouant de la réalité ordinaire.

Je me laisse entraîner dans ce mouvement. Écrans blancs, projections d'images, suspension de l'attitude : de la plongée dans ce monde du travail en col blanc, je tente de saisir l'illusion d’une poésie des instants banals.


Expositions individuelles :

2005
Festival Fotoencuentros, Murcia /Cartagena, Lugares communes : interiores.
2004.
Septembre de la photographie, Europa, l’esprit des villes, Galerie IUFM Confluence(s), Lyon, Les présences désagrégées.
2003
Festival Forum de l’image, Espace Saint-Cyprien, Toulouse, Les présences désagrégées.
2002
Le Granit, Scène nationale de Belfort, Belfort, Objet télévision.
1999
Centre culturel André Malraux, Vandoeuvre-lès-Nancy, Objet télévision.
Espace Malraux, Chambéry, Objet télévision.
Centre atlantique de la photographie, Galerie du Quartz, Brest, Objet télévision.
1998
Les abattoirs, Chalon-sur-Saône, Objet télévision.

Expositions collectives :

2005
Festival L’étrange cargo, La ménagerie de verre, Paris, projection,W.
2004
Forum culturel de Blanc-Mesni, Le Blanc- Mesnil, Communes images.
Été photographique de Lectoure, Lectoure, W.
2003.
Aulnay-sous-bois, installation urbaine sur bâche, Traverses.
Le Carreau, scène nationale de Forbach, en collaboration avec la Compagnie du Bredin, pour le spectacle « Les contes de la mine », Ils disparaissent.
2000
Prix Kodak de la critique photographique 99, (distinction du jury), Espace Montorgueil, Paris.
1998
Galerie art et essai, Rennes, Homo zappiens zappiens.
1996
Centre national de la photographie, Paris, Prix Moins Trente 1996.
1995
Centre Georges Pompidou, bibliothèque publique d’information, Paris, Quatre murs et une fenêtre.

Prix et bourses :
Bourse photographique de la ville de Paris, 1998.
Bourse d’aide individuelle à la création, 1996.
Prix Moins Trente 1996.

Collections :
Fonds national d'art contemporain, Paris.
Musée Carnavalet, Paris.
Bibliothèque nationale de France, Paris.

Bibliographie :
Fotoencuentros 05, catalogue d’exposition, éditions du Centro cultural Las Claras, Fundacion Cajamurcia.
Europa, l’esprit des villes, catalogue d’exposition, éditions Lieux-dits.
Les contes de la mine, voix éditions.
Homo zappiens zappiens, catalogue d’exposition, éditions Presses universitaires de Rennes.
Prix Niepce, Prix Moins Trente 96, catalogue d’exposition, Centre national de la photographie.
Quatre murs et une fenêtre, collection Révélateur, Editions Jeunesse, atelier des enfants du Centre Georges Pompidou.